Projets permanents

Actions et manifestations publiques afin de susciter une prise de conscience et combattre la violence contre les femmes

Convaincues de l’importance capitale de susciter une prise de conscience parmi les jeunes filles afghanes autour de la violence domestique, les mariages forcés, les droits uniquement des pères sur leurs enfants et bien d’autres injustices, nous faisons intervenir des professionnels du droit des femmes dans les écoles et les lieux publics.

Exemples d’éducation civique dans les écoles

AAWRO a fait intervenir des professionnels du droit des femmes dans les collèges des filles et des garçons entre 14 et 18 ans. Elle introduit notamment dans le programme d’éducation civique une partie consacrée à un travail de rédaction qui porte sur la violence domestique exercée sur les femmes. Ce travail est rédigé de manière individuelle ou en groupe et permet d’échanger et de réfléchir en classe sur la condition de la femme. Le texte le plus complet est par la suite choisi par une commission et lu par leurs autrices à l’occasion de la journée de la femme le 8 mars lors d’un événement organisé par les bénévoles de l’association. A cette occasion, une petite somme d’argent leur est remise comme prix.

Education civique sur le droit des femmes dans un collège de filles

Le travail de promotion dans les écoles durant les années précédentes a abouti à la création d’un comité d’élèves dans les quatre collèges existant à Nimroz qui continue à exister. Le comité a pour mission de répertorier les questions et les besoins des élèves et de les transmettre à AAWRO afin de mettre ensuite sur pied les interventions appropriées.

Activités sportives

Les équipes féminines de volley-ball et de basket, continuent à être présentes dans les 4 collèges de la province et pendant l’année 2020 d'autres équipes féminines ce sont constituées dans d'autres écoles au niveau du cycle (13 - 15 ans). Des compétitions sont régulièrement organisées.
Cet exemple concret montre les efforts menés pour faire changer les mentalités car auparavant tous les sports étaient strictement réservés aux garçons.
En 2016, dans les collèges de la région, les filles entre 14 et 18 ans ont fait un travail de rédaction autour de la violence domestique sur les femmes. Ce travail a été rédigé de manière individuelle ou en groupe, permettant d’échanger et de réfléchir en classe sur la condition de la femme. Le travail le plus complet a été choisi par une commission et lu par leurs autrices lors de la journée du 8 mars, organisée par nos bénévoles. A cette occasion, une petite somme d’argent leur a été remise comme prix.

L’équipe gagnante est fière de recevoir la coupe des mains du responsable de la fédération sportive


En 2017, notre travail de promotion durant les années précédentes a abouti à la création d’un comité d’élèves dans les quatre collèges existant à Nimroz. Le comité a pour mission de répertorier les questions et les besoins des élèves et de les transmettre à AWRA afin de mettre ensuite sur pied les interventions appropriées. Sous l’impulsion d’AWRA, pour la première fois, les jeunes filles ont eu la possibilité de constituer et de jouer dans une équipe de basket entièrement féminine. Un exemple concret des efforts menés pour faire changer les mentalités car auparavant tous les sports étaient strictement réservés aux garçons.

Exemples de manifestations dans les lieux publics

AAWRO a mis sur pied dans la salle de conférence de la province de Nimroz, des ateliers en faveur du droit des femmes avec les représentants de différents institutions (directrice du Département des femmes et différents représentants de la société civile, président du syndicat des jeunes de Nimroz, les notables des tribus, les chefs religieux). Le but était de débattre autour de l’interdiction de la violence à l’égard des femmes.

Pour assurer la pertinence et le bon déroulement du projet, l’association a pu compter sur des professionnels spécialistes des droits humains. Pour ce faire, un partenariat solide a été développé avec les directions des secteurs concernés notamment le Département des Affaires des Femmes, le Département de l’Education, le Département de la Santé, le Département des Refugiés et le Département de l’Information et de la Technologie. D’autres acteurs influents ont également été sollicités pour la planification et la mise en œuvre du projet, tels que les notables des tribus, les chefs religieux, les activistes des droits des femmes et le Conseil de la province.

A cause de la pandémie, les ateliers dans les villages se sont déroulés surtout à l’extérieur et ont permis aux femmes les plus démunies d’échanger entre elles sur les difficultés qu’elles rencontrent quotidiennement et de réfléchir sur une autre manière de concevoir leur existence.

Service Juridique

Depuis septembre 2020 AAWRO a engagé 2 avocates supplémentaires au sein de notre service juridique. A actuellement 2 avocates assurent une permanence juridique quotidienne dans le bureau d’AAWRO à Zaranj et 2 avocates accompagnent l’équipe de professionnels d’AAWRO dans les classes d’alphabétisation et dans les ateliers d’éducation civique afin de donner des notions de base autour des droits de la femme. Elles accompagnent aussi les participantes de ces cours dans leurs démarches juridiques à l’extérieur de la permanence. Nos avocates suivent une femme dans sa démarche juridique de manière gratuite.
En 2020, 120 femmes ont eu recours à notre permanence. Il s’agit souvent de femmes qui ont été données en mariage en échange d’un tort subi par une famille. Ces femmes sont maltraitées et subissent parfois des violences physiques très graves. Parmi ces 120 cas il y a eu 17 cas de meurtre, les femmes ont été tuées par le mari ou la belle famille, c’est alors un membre de la famille de la victime qui vient à la permanence, et qui est accompagné par nos juristes jusqu’au tribunal.

Devant le Tribunal, une de nos juristes accompagne une femme dans ses démarches juridiques.

Nos juristes ont accompagné aussi 3 femmes qui ont subi des violences extrêmement graves jusqu’au tribunal. Depuis la mise en place de cette permanence, une grande partie des femmes qui font appel à notre permanence sont adressées à ce service par l’équipe d’AAWRO ou par les enseignantes qui ont détecté la violence subie lors des ateliers. Pendant les campagnes publiques, AAWRO informe les personnes sur l’existence de notre permanence juridique. Dans ce cas de violence, AAWRO travaille en coordination avec la police et les structures sanitaires des lieux.
Effectivement la lutte contre la violence domestique est très complexe, c’est le cœur de notre travail d’éducation civique dans lequel nous sommes engagés depuis 5 ans. Au vu des résultats obtenus, le projet d’éducation civique a été largement salué par les communautés de même que par les autorités. Les remerciements pour l’engagement d’AWRA Genève étaient chaleureux. Cependant, nous sommes bien conscientes que contribuer au changement de la mentalité des personnes imprégnées d’une culture conservatrice et ancestrale est un objectif qui demande une période très longue.

Cours d’alphabétisation pour les femmes dans les villages ruraux

Convaincue que l’alphabétisation est cruciale tant pour le développement économique que pour le bien-être individuel et communautaire, AWRA a créé depuis le mois d’aout 2017, des cours d’alphabétisation pour les femmes.
Suite à la première année scolaire 2017 – 2018 et compte tenu du succès et de la forte demande de la part d’AAWRO et du Département des femmes sur place, le nombre de classes a été doublé, passant de 10 à 20 pour l’année scolaire 2018 – 2019. Le même nombre de classes a été prévu pour la troisième année 2019 - 2020. A la rentrée scolaire d’août 2020, nous avons ouvert encore 10 classes supplémentaires pour un total de 30 classes.
Chaque cours accueille 10 à 15 étudiantes. Dans ces villages, AAWRO a identifié des femmes répondant aux critères définis dans le projet de base.

Cette sélection se fait toujours en collaboration avec le Conseil de la province. Les classes ont toujours lieu cinq jours par semaine, durant quatre heures, dans les maisons des enseignants, dans les bureaux des comités de développement communautaire des villages concernés ou encore à l’extérieur.
Nous avons aussi utilisé ces cours pour promouvoir l’éducation civique concernant la violence contre les femmes. Ceci grâce aux interventions des professionnels engagés par AAWRO dans le cadre du projet éducation civique et aux interactions entre les enseignantes et les étudiantes sur l’importance des droits des femmes et de l’égalité des genres.
Les étudiantes ont été instruites sur les droits des femmes inscrits dans la constitution afghane et dans d’autres lois nationales, notamment celle de l’élimination de la violence contre les femmes, ou sur les lois internationales en faveur des droits humains, dont l’Afghanistan est signataire.

 

Pendant ces premières trois années, ce projet a été financé par la Ville de Genève et par d’autres communes du canton. Depuis la rentrée scolaire de septembre 2020, le projet a été prolongé jusqu’en août 2023 afin de donner la possibilité aux femmes d’achever les cursus de 5 ans d’école élémentaire, un diplôme de fin d’école élémentaire reconnu par le département de l’éducation publique sera octroyé aux femmes qui auront suivi les 5 ans.

Ce projet qui s’inscrit dans le projet d’éducation civique est repris pour ces prochains 3 ans par la FGC.

Cependant, nous avons dû faire face à la situation extraordinaire due au COVID-19. En effet, nos classes ont été fermées le 20 avril et, vu le contexte rural dans lequel les cours avaient lieux, nous n’avions bien évidement aucune possibilité de faire de l’enseignement à distance.

Les cours ont repris le 29 juin en respectant les mesures de prévention COVID et la distance sociale. Dès que possible, nos enseignantes ont donné leurs cours à l’extérieur afin d’avoir plus d’espace.

Ces deux mois d’arrêt ont bien évidement raccourci les programmes pédagogiques, c’est pourquoi, AAWRO et les enseignantes ont décidé de prolonger les cours encore un mois jusqu’à fin juillet.

Les enseignantes mêmes ont proposé de prolonger les classes pour un mois, sans être rémunérées, à savoir qu’elles n’ont été payées que pendant les mois de mai et juin.
A la réouverture des cours, nous avons pu profiter de notre équipe des soins de notre projet mini-bus santé, qui a fait des interventions dans nos ateliers afin d’expliquer les mesures de précaution indispensables pour la lutte contre le Covid.

Après 3 ans, nous sommes très satisfaites des résultats et des répercussions de ce projet. Il s’agit d’un premier projet d’alphabétisation dans cette région, qui est très fermée à l’égard de l’éducation des femmes.
En effet, c’était la première fois que certaines femmes ont obtenu de leur famille la permission d’aller à l’école. Pour rappel, dans cette région de l’Afghanistan, la violence sur les femmes a toujours été très présente, elle fait partie de leur vie quotidienne.

Depuis nos interventions d’éducation civique dans nos classes d’alphabétisation, nous avons réussi à casser ce tabou et faire en sorte que les femmes puissent parler plus facilement à l’extérieur sur leur condition à la maison et qu’elles osent dénoncer les violences subies auprès de notre permanence juridique.

Toutes les élèves qui ont passé l’évaluation finale, ont reçu une attestation lors de la cérémonie organisée le 5 septembre 2020 par AAWRO en présence du gouverneur de Nimroz, du directeur du Département des femmes, du directeur du Département de l’éducation, de la représentante de la population de Nimroz auprès du parlement afghan à Kabul, des autorités locales, des médias nationaux et locaux ainsi que de nos enseignantes et nos élèves.

Convaincus que la parité entre les sexes et une éducation pour tous font partie des valeurs fondamentales d’une société moderne, un des objectifs du projet a été de donner la possibilité aux femmes de décrocher un emploi. En effet, un emploi leur permet de trouver une autonomie financière et donc une place plus valorisante au sein de la famille et de la société.

Le fait que la femme puisse aussi apporter de l’argent à la maison et ainsi participer à l’entretien de la famille est une grande première et contribue fortement au changement du rôle et du statut de la femme dans ces villages ruraux. Il ne faut pas oublier que parmi nos élèves, une grande majorité est constituée de femmes veuves qui n’ont aucun revenu et dépendent des belles familles, de leur famille ou encore de la charité des amis.

Notre objectif était de favoriser les possibilités d’embauche de ces femmes pour des emplois proposés chaque année par l’État à la population. En effet, ces emplois sont indifféremment proposés aux femmes et aux hommes, voire même la parité est encouragée par l’État, mais l’illettrisme des femmes ne leur permet pas d’y avoir accès.

Pendant ces trois années, toutes nos élèves ont été soutenues et accompagnées par AAWRO lors des ateliers d’éducation civique dans la recherche d’emploi.

C’est avec une grande satisfaction que nous vous présentons les engagements qu’AAWRO a pu réaliser pour ses élèves, grâce à l’aide des départements locaux et les différentes infrastructures:

  • 50 femmes sont engagées à temps partiel, en tant qu’employée de sécurité à l’entrée des différents Départements et établissements locaux. (Ces infrastructures sont ouvertes seulement le matin).
  • 30 élèves, qui étaient parmi les meilleures, ont obtenu un emploi fixe au Département de la santé
  • 16 femmes ont été engagées à temps partiel, par le Département des Réfugiés et déportés, au sein du camp des déportés de la province de Nimroz.
  • 1 Femme s’est présentée pour le Conseil du village.
  • 2 femmes ont étés engagées par la municipalité quelques heures par semaine en tant qu’agentes d’accueil des bureaux.
  • 20 élèves, ont réussi à passer un test effectué par UNICEF pour pouvoir rejoindre l’école d’aide-sage-femme de Kabul. Depuis septembre 2020 elles suivent une formation d’une année dans cette école, tous les frais de formation (logement, nourriture, écolage) sont pris en charge par UNICEF.
  • Au total 119 élèves ont pu être engagées  pendant ces 3 ans de manière fixe ou ponctuelle.

Au vu des résultats obtenus, le projet a été largement salué par les communautés de même que par les autorités. AAWRO a partagé son expérience avec les responsables du Département de l’éducation de Nimroz en montrant les différentes étapes de la démarche. Ce partage contribue à enrichir les expériences afin d’améliorer encore ce projet qui se pérennise sur 3 ans supplémentaires (jusqu’en 2023).

Minibus santé

En juin 2020 nous avons commencé notre projet de soins médicaux itinérants dispensés dans un minibus équipé en personnel et logistique. En effet, AAWRO, en contact avec les responsables des services de santé de Nimroz, a évalué les besoins sanitaires de personnes vivant dans des villages éloignés et n’ayant aucun accès à des structures sanitaires. L’objectif était de mettre à disposition de cette population un minibus de santé. Sa mission est de permettre d’une part un accès aux soins médicaux et d’autre part de sensibiliser la population aux règles d’hygiène de base à travers des cours donnés dans les écoles et dans les salles communales.

Notre équipe santé sur place de gauche : Abdul SAMAD médecin – Fariba SARWAR sage-femme Nahid BALUCH et Souhaila BALUCH les promotrices de la santé

Pour atteindre notre objectif nous mettons à disposition de la population un minibus de santé équipé et avec du personnel spécialisé (1 médecin, 1 sage-femme, 1 pharmacien, 2 promoteurs de santé). Le Minibus de la santé s’arrêtera chaque jour dans un village différent de la province de Nimroz sur la place principale. Nous avons choisi 20 villages ruraux très éloignés du centre et sans infrastructure sanitaire, les mêmes dans lesquels nous sommes déjà présents avec les cours d’alphabétisation.

Ce projet a répondu à un besoin avéré et urgent.  De plus pendant cette crise sanitaire, notre projet a eu un impact exceptionnel car nous étions la seule structure médicale sur place à dispenser des masques et du savon désinfectant ainsi qu’à promouvoir les mesures préventives à respecter. Il est inimaginable d'arrêter ce projet en pleine pandémie, c’est pourquoi nous avons demandé une extension du projet à la FGC pour 2 ans supplémentaires.

Voici quelques photos de notre "Mini-bus santé" et des cours de "Promotion santé" avec les mesures de prévention COVID

Centre de jour pour les enfants de la rue

En octobre 2020, nous avons commencé un nouveau projet éducatif et humanitaire afin d’offrir un lieu sûr et un repas de midi équilibré aux enfants de Zaranj, qui se trouvent dans la rue pour différentes raisons.

Il s’agit d’enfants dont les parents se droguent et qui habitent dans des grottes autour du cimetière de Zaranj ou encore d’enfants dont les parents n’ont pas les moyens de les envoyer à l’école et qui doivent travailler dans les rues afin d’apporter un peu d’argent.

La sélection des enfants qui peuvent profiter du Centre de l’Espoir a été faite par les bénévoles d’AAWRO qui les a repéré dans la rue en collaboration avec le Département du Travail et des Affaires Sociales qui actuellement n’a aucun moyen pour aider ces enfants.

Par la suite, les bénévoles d’AAWRO ont pris contact avec leurs familles à travers une visite à domicile. Lors de cette visite, la famille a été informée du projet et AAWRO a fait signer une autorisation aux parents afin que l’enfant puisse se rendre au centre de l’espoir. Ceci nous a permis d’identifier les enfants de manière plus formelle.

Notre association sur place a trouvé une maison au centre de Zaranj, près du bazar, où les 200 enfants des rues présents dans cette partie de la ville peuvent trouver un accueil pendant les heures de midi et un repas prêt afin de couper leur journée de travail. Des programmes scolaires de deux heures sont prévus pendant cette pause. Les enfants sont très motivés et participent régulièrement aux cours prévus.

Les enfants qui le souhaitaient ont pu aussi rencontrer notre équipe de juristes de manière individuelle, afin de leur faire part d’abus auxquels ils ont été victimes. Notre équipe a découvert ainsi des cas d’abus sexuels tragiques et récurrents qui ont été partagés avec des représentants de la Commission Indépendante des Droits de l’Homme de l’Afghanistan à Nimroz.

S’agissant d’enfants, le centre est resté ouvert pendant les derniers trois mois de l’année, des informations sur les mesures de prévention du COVID ont été donnés ainsi que des masques aux plus âgés.